• du Lot au Périgord

    du Lot au Périgord Photos franck et cyrille , texte de jéjé 

     

     UN TOUR DE MOTO A TROIS
    DANS LE MASSIF CENTRAL.
    Juillet 2011

    3eme jour : …..Où le hasard du parcours oblige les Hommes à la contemplation

     

     

                          

     

    Les forces du matin ne sont pas totalement épuisées et la décision est prise de faire la pause déjeuner à Gramat, lieu préalablement choisi par l’organisateur pour couper l’étape en deux. Avant de traverser le causse de Gramat, via une petite route au revêtement granuleux mais efficace et bordé de petits arbres habitués à l’aridité, au vent et à la solitude, les motos utilisent une voie large propice au ronronnement des cylindres. Sur des espaces qui ne connaîtront jamais l’invasion des foules, les pilotes se font plaisir, à distance de sécurité raisonnable, et oublient qu’ils vivent dans une société radarisée. A cet instant, sur ces routes, ils sont seuls à « rider ».
                             Gramat est une ville bien calme aux alentours de treize heures en ce début du mois de juillet. Peu de chance a cette automobiliste d’être conduite sous l’escorte de deux gendarmes sous les platanes aux abords desquels les Hommes ont décidé de pique-niquer. Après un café pris sur une terrasse de la place centrale, c’est la direction du site de Rocamadour qui est poursuivie. Jéjé profite de sa carte pour entraîner ses compères sur une route étroite, sinueuse, encadrée par des murets de pierre. Les motos s’engouffrent dans un univers quasi-désertique mais propice aux exercices de style. Les minutes s’égrènent comme autant d’instants d’intenses plaisirs.

     

     

     

     

    Une intersection avec une départementale, une plongée dans une gorge et enfin l’apparition de l’objectif, Rocamadour. Sur la route empruntée et faisant face au Rocher sur lequel les Hommes au Moyen-Age ont décidé de creuser, construire et nicher une communauté de moines, les motards n’en croient pas leurs yeux. Vision magique que fut sans doute celle d’un voyageur du XIII° siècle qui arriva par cette même route dans ce lieu sacralisée par l’Eglise, vision féérique qu’est à cet instant celle de nos motards contraints à couper leurs moteurs au beau milieu de la route pour pouvoir contempler le site. Les bâtiments qui appartiennent pour l’éternité à l’époque médiévale sont figés dans le rocher abrupt qui soutient le causse et domine une gorge creusée par un cours d’eau à l’allure insignifiante. S’imposent alors dans cette vue la dominante église et son chemin d’accès. A l’arrivée au pied de Rocamadour, les trois compères sont écrasés par la chaleur et la décision de se lancer avec blousons, bottes et casques à la découverte de la bastide ne fait au départ pas l’unanimité. Encore une fois, les liens de l’amitié ont raison des dissensions et on aperçoit vite les trois Hommes grimper les marches qui séparent le parking du fonds de la gorge de la rue centrale qui est chaque jour inondée d’un flot continu de touristes qui viennent dépenser euros et dollars en savon bio, couteaux authentiques, jouets médiévaux et bijoux fantaisie.

    Lé départ pour Vézac où a été réservé un splendide mobilhome pour la nuit se fait sous les mêmes températures accablantes. Les routes du Lot cèdent le pas à celles de la Dordogne. Les panneaux touristiques indiquant chateaux et gouffres deviennent le lot kilomètrique de chaque route empruntée. Les organismes sont fourbus et les esprits des motards n’ont plus aucun appétit culturel. C’est d’une bière bien frâiche dont chacun rêve sous son casque surchauffé. C’est cette bière qui redonne le sourire aux trois riders une fois installés au camping tant attendu aux alentours de 19 heures. Dans un cadre idyllique mêlant authenticité, rusticité et simplicité, Cyrille affirme à qui veut l’entendre qu’il reviendra précisément dans ce mobilhome « presque neuf » passer vacances et longs week-ends avec sa femme et ses enfants, Francky scrute toute arrivée de motards susceptibles d’échanger des expériences sur des grosses cylindrées, Jéjé déclare qu’il dormira dehors s’il fait aussi chaud cette nuit qu’à l’heure d’’arrivée, à l’intérieur de la caravane. Les ablutions faites, le jean et le blouson réenfilés pour l’occasion, les Hommes reprennent leurs bécanes pour aller festoyer sur Sarlat, distante de quelques kilomètres.
                            

      L’arrivée sur ce haut du patrimoine se fait discrètement. Les bécanes sont garées à l’entrée de la rue piétonne principale et il ne faut pas longtemps pour croiser les oies fétiches de la cité. Quelques mètres plus loin, sans grande discussion sur le lieu, les Hommes s’attablent à une terrasse et commandent un menu touristique à 11 euros 90. Aucun miracle ne se produit, mais les Hommes quittent le restaurant plutôt satisfait. Le repas a été en effet correct, mis à part une carne servie à Cyrille qui le dénonça digniment au serveur qui fît mine de s’étonner.
                           

      

     

     

      De retour au relais des motards, les Hommes s’attardent autour d’un poker honteusement gagné deux fois de suite par Jéjé, qui déclare d’ailleurs à la fin des deux parties, « n’avoir rencontré aucune opposition » durant cette soirée.


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